Skipper

Corentin Douguet

Skipper professionnel

Corentin Douguet, skipper du Class40 Quéguiner – Innoveo

 

Fort de plus de 20 ans d’expérience en course au large et en régate, Corentin Douguet est le skipper du Class40 Quéguiner – Innoveo pour la saison 2022. Après une entrée fracassante dans la Classe avec une victoire dès sa première course, le Nantais affiche un objectif ambitieux : inscrire son nom au palmarès de la mythique Route du Rhum – Destination Guadeloupe en novembre prochain.

 

La voile, Corentin Douguet est tombé dedans dès sa plus tendre enfance. " Je suis né et j’ai grandi à Nantes. J’ai commencé la voile sur le Muscadet familial. La première fois, je devais avoir deux ans ", raconte-t-il. Ce n’est que sur le tard qu’il se lance dans la compétition, pendant ses études de Marine marchande. A l’époque, il a 20 ans. First Class 8, Jod 35, Laser, habitable : Corentin varie les supports et enchaîne les régates avec un groupe d’amis. Une fois son diplôme d’officier de Marine marchande en poche, il fait un choix radical et décide de faire sa passion son métier.

 

Une montée en puissance progressive

En 1998, il devient préparateur sur le circuit Figaro, enchaîne les convoyages et régate dès que possible. " A l’époque, il n’y avait pas beaucoup de filières comme aujourd’hui à part celle du Crédit Agricole, pour laquelle j’étais un peu trop âgé ", se rappelle le skipper de 47 ans, marié et père de trois enfants. " La Mini Transat était la course la plus abordable pour moi et j’avais très envie de la faire. J’ai monté un projet à l’arrache comme il ne faut pas faire, pour l’édition 2001. Ça ne s’est pas très bien passé mais j’ai appris beaucoup de choses ". Corentin poursuit son apprentissage. Il se lance ensuite dans l’aventure Tour Voile en Farr30 et s’aligne au départ de la Transat AG2R avec son ami Thierry Chabagny, avec qui il termine à la 4e place sur la Transat Saint-Nazaire Dakar en 2003. Une performance qui coïncide avec la victoire d’un autre de ses amis, Armel Tripon, sur la Mini Transat. « Je me suis dit qu’il fallait que j’y retourne. J’ai acheté mon premier bateau début 2004, un plan Manuard avec lequel j’ai gagné beaucoup de courses, dont la Mini en 2005. Cette victoire a marqué le début de ma carrière », confie-t-il. 

Corentin enchaîne ensuite sur un projet Figaro, de 2006 à 2010, période pendant laquelle il signe deux podiums au classement général sur la Solitaire du Figaro, et une victoire d’étape en 2007. Avant de revenir sur le Tour Voile pendant trois ans en tant que skipper d’un projet semi-professionnel. " C’était hyper intéressant de naviguer avec des professionnels et des amateurs avec un volet formation ", lance-t-il. "Après trois ans d’équipage, je suis retourné au solitaire avec le Vendée Globe 2016 pour objectif. Je n’ai pas réussi à m’aligner au départ et suis revenu sur le Championnat de France Elite de course au large en solitaire. J’ai fait plusieurs éditions de la Solitaire du Figaro avec des Top 10 mais j’ai eu du mal à monter un vrai projet cohérent avec des partenaires s’inscrivant dans la durée. C’était compliqué d’être performant dans ce contexte, même si j’ai raté le podium général à 3 minutes près en 2019, année du passage au Figaro 3. "

 

Du Figaro au Class40

Après une période Covid-19 compliquée pendant laquelle il continue à naviguer tout en faisant du routage météo pour d’autres skippers, Corentin embarque avec Tanguy Le Turquais (Quéguiner – Innoveo) sur la Transat en double Concarneau Saint-Barthélemy en 2021. Ensemble, les deux hommes terminent 2e. Avec l’aval de Tanguy qui s’est lancé sur le circuit IMOCA, Corentin propose à l’automne dernier à Bertrand, Clément et Claude Quéguiner d’écrire une nouvelle histoire, en Class40 cette fois. La construction d’un plan Lombard, sistership de Crosscall, est déjà lancée. Convaincus de l’intérêt du changement de support, le groupe Quéguiner embarque dans l’aventure et signe un partenariat d’un an renouvelable avec le skipper. La suite, on la connaît. Trois mois après la mise à l’eau du bateau, Corentin fait une entrée fracassante sur le circuit en s’imposant en solitaire sur la 1000 Milles des Sables. " Nouveau bateau, nouveau partenaire, première course, première victoire : je ne pouvais pas rêver mieux comme début de projet ", se félicite-t-il. Loin de se reposer sur ses lauriers, le skipper du Class40 Quéguiner – Innoveo sait que le chemin est encore long jusqu’à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, l’objectif majeur de la saison. Au programme : la Normandy Channel Race avec Yoann Richomme, la Dhream Cup et La Malouine mi-septembre. Une dernière course qui lui permettra d’engranger de précieux milles avant qu’il ne s’aligne au départ de sa première Route du Rhum et 10e transatlantique, qu’il espère bien gagner !