Le projet

Au printemps 2012, alors qu’il s’apprête à s’aligner pour la 13e fois au départ de La Solitaire du Figaro avec une rage et une envie de vaincre intactes mais avec une coque blanche, Yann Eliès fait la rencontre de Claude Quéguiner, PDG du groupe. Entre les deux hommes qui partagent un attachement profond au territoire breton et un sens aigu de l'effort et de l'engagement, l’entente est immédiate. Ainsi, l’histoire est lancée. La confiance, le peps et la motivation jouent l'équation gagnante. La même recette fonctionne à nouveau à la perfection en 2013. Et si la passe de trois est manquée d’un cheveu en 2014, la faute à un démâtage dans la première étape, elle est réalisée en 2015.

Le skipper rejoint alors le cercle très fermé des triples vainqueurs de l’épreuve dont font partie Jean Le Cam, Philippe Poupon, Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou. Forts de ces succès, le marin Briochin et son partenaire décident alors de poursuivre leur aventure commune, mais en voyant plus grand. C’est, ainsi, au départ du Vendée Globe 2016-2017 qu’ils s’alignent ensemble, en novembre 2016. L’expérience se solde par une belle cinquième place. « C’est le mieux que je pouvais espérer et terminer premier bateau à dérive classique, c’est une petite victoire quelque-part. Je me suis battu avec les armes que j’avais. Faire un tour du monde en solitaire, c’est un sacré défi. Il y a une dimension particulière. Il faut digérer un paquet de coups durs », avait commenté Yann à son arrivée aux Sables d’Olonne, en janvier. « Sportivement, un Vendée Globe, c’est quelque chose de gigantesque, mais humainement, ce n'est pas anodin non plus. Je suis heureux d’avoir partagé cette incroyable aventure avec l’entreprise et la famille Quéguiner. Claude a osé un pari un peu fou en s’engageant sur l’épreuve. Cela nous a, à tous, fait vivre quelque chose d’énorme, d’autant que tout a été fait dans les règles de l’art, chacun ayant donné tout ce qu’il avait à donner », note aujourd’hui le skipper qui ne peut que se satisfaire de la belle histoire écrite depuis six ans avec le Groupe. « Depuis le début, nous allons, ensemble, de belles surprises en belles surprises. De fait, jusqu’ici, nous avons remporté trois Solitaire et nous avons bouclé un Vendée Globe. Ce serait parfait de finir en beauté, dans la lignée de ce que nous avons réalisé jusque-là, par une belle place à la Solitaire Urgo - Le Figaro, en juin prochain », relate Yann qui espère devenir le premier skipper à inscrire son nom au palmarès de l’épreuve pour la quatrième fois, mais aussi décrocher une ou plusieurs nouvelles victoires d’étape pour entrer encore un peu plus dans la légende de la course. Car si, pour l’heure, il est à égalité avec Jean Le Cam avec le nombre époustouflant de dix, il espère profiter de cette 48e édition de la plus exigeante des régates en solitaire et à armes égales, dont le tracé le mènera de Bordeaux jusqu’à Dieppe en passant par Gijón et Concarneau, pour se distinguer. « Pour moi, ce sera important pour terminer sur une belle note ce chapitre avec Quéguiner, mais aussi pour rebondir ensuite », a conclu Yann Eliès qui pourra compter sur son expérience, sur sa parfaite maîtrise du support, sur détermination sans faille, mais aussi, une fois encore, sur l’indéfectible soutien du Groupe Quéguiner. 

 

TOUCHER CE QUI SEMBLE INACCESSIBLE

« Participer à une épreuve comme celle-ci est, pour nous, une sorte d’aboutissement, une façon de nous faire plaisir puis une manière de fédérer les gens en interne autour d’un projet de tour du monde à la voile sur un bateau performant. C’est également un véritable défi car le Vendée Globe n’est pas forcément écrit comme étant quelque chose d’accessible pour nous, petite entreprise régionale et familiale. Il n’empêche que la solidarité, l’envie d’entreprendre et d’aller de l’avant sont des valeurs que nous partageons avec Yann et le monde de la course au large, et nous souhaitons montrer que lorsque l’on a la volonté, il y a toujours un chemin. Je reste persuadé qu’avec un bon marin, une bonne équipe et un bon esprit on peut arriver à faire quelque chose de grand et de beau. L’entreprise entre dans une période de transmission, et c’est un véritable challenge, aussi complexe que le challenge du Vendée Globe. S’engager sur ce projet, c’est un engagement fort pour moi et je sais qu’à travers cette aventure unique, nous allons tous vibrer. »