Le projet

Au printemps 2012, alors qu’il s’apprête à s’aligner pour la 13 e fois au départ de La Solitaire du Figaro avec une rage et une envie de vaincre intactes mais avec une coque blanche, Yann Eliès fait la rencontre de Claude Quéguiner, PDG du groupe. Entre les deux hommes qui partagent un attachement profond au territoire breton et un sens aigu de l'effort et de l'engagement, l’entente est immédiate. Ainsi, l’histoire est lancée. La confiance, le peps et la motivation jouent l'équation gagnante. La même recette fonctionne à nouveau à la perfection en 2013 et la passe de trois n’est manquée que d’un (mini) cheveu en 2014, la faute à un démâtage dans la première étape. Aujourd’hui, le marin Briochin et son partenaire, qui surfent ensemble sur la vague du succès, ont décidé de poursuivre leur aventure commune, mais en voyant plus grand. C’est donc sur le départ du Vendée Globe 2016-2017 qu’ils comptent s’aligner ensemble.

Débuté en 2012, le partenariat entre Yann Eliès et le Groupe Quéguiner a, depuis, toujours fait des étincelles. Jugez plutôt : deux victoires dans la Solitaire du Figaro en 2012 et 2013, puis trois étapes sur quatre dans le Top 5 dans la même course, l’été dernier. « Objectivement, tout cela est très positif même si, pour moi, le fait de ne pas monter sur le podium alors que je visais une troisième victoire d’affilée et que j’avais tous les atouts dans mon jeu pour gagner à nouveau sans mon avarie dans la première étape, s’est apparenté à un échec. Il n’empêche que pour beaucoup, et notamment pour les médias, ma performance a sonné comme une victoire. C’est finalement assez étrange mais c’est ça aussi la voile. La première place est importante mais la manière l’est encore plus car elle ajoute un peu de relief. C’est d’ailleurs pour cela que l’on peut aussi perdre avec panache et c’est ce qui s’est passé pour moi cette année. C’est, en tous les cas la preuve qu’il n’y a pas que la victoire qui compte », analyse Yann.

GAGNER AVEC LA MANIERE

Vaincre en y mettant les formes, telle est donc la philosophie qui unit le marin et le Groupe Quéguiner qui mûrissent, depuis plus d’un an maintenant, leur projet Vendée Globe. « Il arrive à un très bon moment pour moi et vient marquer la fin d’une séquence dans ma vie car depuis mon Vendée Globe en 2008, il s’est passé pas mal de choses mais c’est le temps qu’il m’a fallu pour me remettre de l’accident (lire par ailleurs, ndlr), pour fonder une nouvelle famille, pour avancer et arriver à être au départ d’une nouvelle grande aventure telle que celle-ci. Le métier de marin n’est pas évident, c’est ce dont j’ai pu me rendre compte ces dernières années, et je suis très heureux de pouvoir aujourd’hui écrire une nouvelle histoire avec Claude, sa famille et le groupe Quéguiner dans son ensemble ».

TOUCHER CE QUI SEMBLE INACCESSIBLE

« Participer à une épreuve comme celle-ci est, pour nous, une sorte d’aboutissement, une façon de nous faire plaisir puis une manière de fédérer les gens en interne autour d’un projet de tour du monde à la voile sur un bateau performant. C’est également un véritable défi car le Vendée Globe n’est pas forcément écrit comme étant quelque chose d’accessible pour nous, petite entreprise régionale et familiale. Il n’empêche que la solidarité, l’envie d’entreprendre et d’aller de l’avant sont des valeurs que nous partageons avec Yann et le monde de la course au large, et nous souhaitons montrer que lorsque l’on a la volonté, il y a toujours un chemin. Je reste persuadé qu’avec un bon marin, une bonne équipe et un bon esprit on peut arriver à faire quelque chose de grand et de beau. L’entreprise entre dans une période de transmission, et c’est un véritable challenge, aussi complexe que le challenge du Vendée Globe. S’engager sur ce projet, c’est un engagement fort pour moi et je sais qu’à travers cette aventure unique, nous allons tous vibrer. »