Actualités - Yann Eliès et Charlie Dalin prêts au combat - Yann Elies - Groupe Quéguiner / Leucémie Espoir

Actualités

Yann Eliès et Charlie Dalin prêts au combat

Partis du Havre dans un vent extrêmement faible, hier après-midi, Yann Eliès et Charlie Dalin progressent actuellement vers le Sud de l’Irlande, dans un vent soutenu et une mer formée. Positionné en tête des IMOCA, hier, à la tombée de la nuit, le skipper de Quéguiner- Leucémie Espoir et son co-skipper sont toujours dans le groupe de tête, aux coudes à coudes avec PRB, Gitana et Banque Populaire. Trois tandems, qui comme eux, ont fait le choix de partir vers l’Ouest, quitte à s’éloigner de la route directe dans un premier temps. Confrontés à une météo qui ne va cesser de se durcir dans les heures qui viennent, Yann et Charlie se sont préparés à livrer un véritable combat, dont ils tenteront de sortir vainqueurs sur le plan stratégique, tout en préservant leur matériel.

Entrainement du monocoque Imoca Groupe Queguiner-Leucemie Espoir en vue de la Transat Jacques Vabre - Skipper : Yann Elies - Co-Skipper : Charlie Dalin - Le 31/08/2015
© Alexis Courcoux

«Nous sommes entrés dans le vif du sujet, ça commence à bien bombarder !» C’est en ces mots, que Yann Eliès décrivait les conditions météo rencontrées ce matin, alors que le skipper de Quéguiner-Leucémie Espoir et son co-skipper progressaient vers l’Ouest, au niveau des Iles Scilly. 

Partis dans un vent extrêmement faible, hier après-midi, pour s’extraire de la Baie de Seine, les 42 tandems engagés sur la Transat Jacques Vabre doivent désormais composer avec des vents soutenus et une mer formée. Des conditions auxquelles ils s’étaient préparés, et qui vont se durcir dans les heures à venir.«Nous naviguons sous un ris /J2 (une grand-voile réduite, et une voile d’avant intermédiaire, ndlr), avec un vent de 30 à 35 noeuds. ll fait très humide, car nous avançons à vingt noeuds en permanence depuis que nous avons quitté la pointe du Cotentin. Pour l’instant, nous avons deux à trois mètres de houle dans le trois-quart arrière, la mer rentre graduellement, mais nous savons qu’elle va devenir de plus en plus forte» expliquait Yann, joint par téléphone dans la matinée.

Si les multicoques et un groupe emmené par Hugo Boss chez les IMOCA, ont fait le choix de plonger vers le Sud une fois franchie la pointe de la Bretagne, Yann et Charlie ont mis le cap à l’Ouest pour attraper une bascule de Nord-Ouest qui devrait leur permettre de glisser vers le Sud rapidement, quitte à s’éloigner de la route directe dans un premier temps. Un choix suivi par PRB et les bateaux à foils de la nouvelle génération que sont Banque Populaire, Safran ou encore Gitana. «Nous ne sommes pas du tout sur la route optimale pour rejoindre le Brésil, mais c’est un gros investissement que nous faisons. Nous sommes plusieurs à avoir fait ce choix et nous espérons que ce sera le bon. Nous espérons que cela payera sur le plan stratégique, et que nous arriverons à nous préserver matériellement», confiait Yann à propos de sa trajectoire. «Ensuite, nous allons tenter de contourner le centre de la dépression par le Sud, car il semble que ce soit le mieux pour faire une route optimale en rencontrant la mer la moins grosse possible. » ajoutait-il quant à ses intentions.

Bien décidé à tenir la cadence malgré cette dépression située dans l’Ouest-Sud Ouest de l’Irlande, Yann et Charlie ont pris soin de dormir un peu et de s’alimenter correctement, avant de livrer un combat auquel ils se sont préparés mentalement. «Nous avons enfilé nos combinaisons sèches et nous savons que nous n’allons pas les quitter pendant un moment. Il va falloir tenir mais nous sommes prêts, et j’ai la chance d’avoir quelqu’un comme Charlie à mes côtés. C’est un vrai gaillard, c’est quelqu’un qui aime la brise, et le corps à corps avec les éléments. Il est super motivé et il me fait confiance, car il a un peu moins d’expérience dans ce type de conditions» confiait le briochin, conscient qu’il faudra être capable de temporiser si la prudence l’impose. Naviguer intelligemment, pour maintenir le rythme et rester dans la bagarre, tout en préservant les bonhommes et le matériel. C’est le défi qu’ils devront relever dans les heures à venir.