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Yann Eliès : « Un gros coup de bol »

La deuxième étape de la Solitaire Urgo – Le Figaro (420 milles entre Gijón et Concarneau) s’annonçait dangereuse, notamment sur sa première partie, entre les côtes Espagnoles et la pointe Bretagne. Certains pensaient d’ailleurs que tout se jouerait là et qu’une fois l’Occidentale de Sein, le classement resterait figé. Au final, le scénario s’est révélé bien différent, avec des retournements de situations jusque dans les derniers milles. Pour ce qui le concerne, s’il a, à la fois, manqué un peu de réussite et d’inspiration sur le premier tronçon de la course, se trouvant relégué au-delà de la 30e place avec un retard de plus de 25 milles sur le leader, Yann Eliès a effectué une remontée fulgurante, notamment entre Belle-Ile et l’arrivée. Au bout du compte, il termine 14e, à seulement 27 minutes du premier. Le skipper de Quéguiner – Leucémie Espoir limite ainsi largement la casse au classement général puisqu’il reste 5e, à une heure et cinq minutes de Nicolas Lunven, toujours en tête. Retour sur une étape complètement folle où les écarts ont été colossaux entre les leaders et les derniers, avant de finir quasiment insignifiants.

Yann Elies (Queguiner-Leucemie Espoir) 14eme de la 2eme etape de la Solitaire Urgo Le Figaro 2017 entre Gijon et Concarneau -  le 13/06/2017
© Alexis Courcoux

Yann, quel sentiment domine à l’arrivée de cette deuxième étape un peu particulière ?

« J’ai le sentiment d’avoir eu un gros coup de chance à la fin, mais aussi un gros coup de pas de bol au début. En quittant Gijón, il y a eu une espèce de minimum dépressionnaire qui s’est créée sur place. Cela a permis à certains de partir tandis les autres, dont moi, sont restés tanqués. Peut-être que sur ce coup-là, Jérémie (Beyou) et moi avons été un peu lents à la détente, mais j’avoue que sur le coup, j’ai eu bien du mal à croire à ce qui se passait. Je voyais les gars partir et je me disais qu’ils allaient finir par s’arrêter, or ça n’a pas été le cas. Après ça, forcément, il y a eu une grosse phase de moral dans les chaussettes. Ça a été d’autant plus dur qu’il ne s’est ensuite plus rien passé pendant toute la traversée du golfe de Gascogne. Les bateaux de tête étaient loin. Je ne savais même plus où ils étaient. Dans la tête, c’est devenu un peu compliqué à gérer mais tout a changé quand on a attaqué le côtier le long des côtes bretonnes, notamment entre Belle-Ile et la pointe de Trévignon. Là, j’ai vraiment senti qu’il fallait que je sorte les pouces parce qu’il y avait moyen de revenir fort. Les autres, devant, ont fait quelques petites erreurs, ce qui m’a également aidé. Au final, je ne termine qu’avec 27 minutes de retard sur le premier, Adrien Hardy. Je sauve clairement les meubles. »

Vous dites que ça a été dur dans la tête à un moment de la course. Qu’avez-vous ressenti ?

« Je me suis dit que la Solitaire était bâchée. J’ai un peu tout remis en cause. Je me suis même dit que c’était ma dernière. J’avoue que j’ai vraiment accusé le coup quand j’ai vu que je comptais 27 milles de retard. Je ne pensais pas être si loin. Le truc c’est que c’est parti par devant et que les premiers n’ont fait que creuser l’écart jusqu’à l’Occidentale de Sein. Là, ça a bloqué pour eux. Dès lors, la tendance s’est inversée et c’est nous, les retardataires, qui n’avons fait que revenir. Tout ça, ça s’est joué à pas grand-chose parce qu’à vingt minutes près, ils passaient avec le courant dans le bon sens à la pointe bretagne. Si cela avait été le cas, on aurait moins rigolé. A l’arrivée, on aurait pris trois ou quatre heures dans la vue. »

Vous avez réalisé une remontée incroyable dans les 40 derniers milles. On imagine qu’à ce moment-là, ça a été plaisant…

« C’est vrai, c’était sympa. On est fait pour ça, des gars comme Jérémie (Beyou) et moi. On sait les petits coups à jouer. On sait aussi que les gens sont fatigués alors que nous, on arrive à rester dans une bonne dynamique jusqu’à la fin. On reste au taquet sur les algues et on voit les autres faire des conneries. Là, en l’occurrence, on les a vu partir à terre, se coller dans la molle. Au bout du compte, tout ça, c’est quand même un gros coup de bol, comme je l’ai déjà dit. Pendant ces trois jours de course, il n’y a pas un seul moment où j’ai pu imaginer que j’allais terminer à moins de 30 minutes du premier. Pour le général, c’est quand même plutôt une bonne nouvelle même si va commencer à être plus compliqué d’aller chercher le podium. Mais on le voit bien depuis le début, rien n’est jamais joué. Tout est possible. »

A présent, il va falloir se remobiliser rapidement, avec le départ de la 3e étape, demain à 12 heures…

« Oui. Ça va repartir vite. Au programme, une boucle de 150 milles, au départ et à l’arrivée de Concarneau, en passant par la bouée Cardinale Sud banc de Guérande et la bouée cardinale de Belle-Ile.  Un véritable sprint. Je préfère de loin une étape de trois nuits et quatre jours. Ce n’est quand même pas pareil. Pour moi, la Solitaire du Figaro, c’est ça. Il faut rentrer dans la course, gérer le bonhomme, la fatigue, la bouffe, tout ça… Mais bon, on va voir ce que ça donne et y aller à fond. »