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Élodie Bonafous : « Je sais que je suis capable de gagner »

Après une saison un peu particulière en raison d’une blessure au genou, mais lors de laquelle elle a toutefois montré qu’elle était parfaitement dans le coup en terminant troisième de la Solo Maître CoQ en mars, puis quatrième de la Solo Guy Cotten Concarneau en juillet, Élodie Bonafous s’apprête désormais à s’aligner au départ de la Solitaire du Figaro Paprec, la course phare du calendrier des Figaro Bénéteau. La skipper du Groupe Quéguiner – La Vie en Rose, qui signe cette année sa quatrième participation à l’épreuve et avait marqué les esprits, en 2022, en terminant 8e du classement général avec notamment un podium d’étape, affiche naturellement des ambitions fortes pour cette 54e édition. Une édition qui promet d’ores et déjà un match très serré et quelques surprises sur les 1 870 milles du parcours articulé en trois étapes entre Caen, Kinsale (Irlande), la Baie de Morlaix et Piriac-sur-Mer.

LE HAVRE ALLMER CUP 2022
© Alexis Courcoux / Le Havre Allmer Cup

Après un bon break dans la foulée de la Solo Guy Cotten Concarneau lors duquel elle a profité de la montagne avec, au programme, randonnée, VTT ou encore via ferrata, Élodie Bonafous est regonflée à bloc pour le gros morceau de sa saison : la Solitaire du Figaro Paprec. « Je voulais absolument faire une vraie coupure mais aussi poursuivre intensément la rééducation de mon genou. Cette mise au vert s’est révélée parfaite pour me mettre en forme. J’ai rarement été aussi affutée », relate la navigatrice arrivée lundi en fin de journée à Caen, ville de départ de cette 54e édition. Une édition qui s’annonce, comme toujours très disputée avec, au programme, trois étapes de 610, 630 et 630 milles. « Ce sont trois bouts bien costauds », confirme la skipper du Groupe Quéguiner – La Vie en Rose qui a d’ores et déjà passé en revue les grandes lignes de chacune d’entre elles lors des formations proposées par le Pôle France Course au Large de Port-la-Forêt, et qui commence désormais à les décortiquer. « Cette semaine, je vais vraiment rentrer dans le détail et regarder les tendances météo pour affiner leurs spécificités », annonce la Finistérienne qui se réjouit de la première manche à destination de l’Irlande. « Je suis trop contente d’aller à Kinsale pour la première fois. En 2019, alors que je ne faisais pas encore de Figaro, j’avais suivi l’arrivée de Tom Laperche et je garde en tête de très belles images de cet endroit. Je sais toutefois que ça va être coriace car il va falloir traverser deux fois la Manche pour commencer et on a vu lors du convoyage, avant-hier, qu’il y avait énormément d’algues en ce moment. Ce premier volet ne sera certainement pas une mince affaire », assure Élodie.

Un peu moins de pression

Si ce premier round va donner le ton, les deux suivants promettent, eux aussi, d’ouvrir le jeu en grand. « La deuxième étape, avec un passage par l’île de Man, au nord du Pays de Galles, va nous amener un peu dans l’inconnu mais elle donne envie même si je ne sais pas encore trop bien combien de cagoules il va falloir que je mette dans mon sac ! », plaisante la skipper, pas mécontente de cette petite note d’exotisme promise sur le papier. « L’ensemble du parcours est vraiment chouette. La troisième manche, sous forme d’aller et retour dans le golfe de Gascogne, pourrait spécialement me plaire, surtout avec un fort vent de secteur sud-ouest », détaille la Bretonne que l’on sait à l’aise dans la brise et qui l’avait, de fait, démontré de la plus belle des manières, il y a un an, en signant une éclatante troisième place lors du dernier acte dans ce type de conditions, devenant alors la deuxième femme après Clare Francis en 1975, à réaliser une telle performance. « On peut passer quinze fois au même endroit et vivre quinze situations très différentes. Il faudra faire avec ce que l’on a », indique la navigatrice qui, malgré sa blessure survenue en mars, a montré lors des deux épreuves en solitaire disputées cette saison, qu’elle comptait indiscutablement parmi les « gros bras » du circuit. « La Solo Guy Cotten, disputée fin juillet, m’a fait du bien au moral. Je redoutais que la flotte ait beaucoup progressé pendant la Transat Paprec en double mais j’ai bien tiré mon épingle du jeu et ça m’a bien rassurée. Sur cette Solitaire, j’ai l’avantage d’arriver très fraîche, d’avoir très envie de passer des nuits en mer et d’avoir aussi peut-être un peu moins de pression que si j’avais fait la « full » saison d’autant que je sais que ce n’est pas ma dernière participation à la course puisque je serai là en 2024. J’arrive en position d’outsider et en sachant que je suis capable de gagner ».